Êtes-vous un vrai amateur des Sags?

FANATISME - Julien Bousquet, enseignant en marketing à l'UQAC, cherche présentement de fervents amateurs des Saguenéens qui aiment de moins en moins leur équipe. Le but de sa recherche est de comprendre comment l'individu passe à travers les étapes d'attachement afin que les propriétaires puissent mieux développer leur clientèle et éviter le déclin. (Photo Rocket Lavoie)

CHICOUTIMI – Il porte fièrement le chandail des Saguenéens de Chicoutimi et assiste à la majorité des matchs. Il est fou de rage quand l’autre équipe compte des buts et fier à souhait quand les Saguenéens sont vainqueurs. Voilà une description pragmatique de l’adepte de sport recherché par Julien Bousquet, enseignant en marketing à l’UQAC, pour entamer son étude sur le fanatisme sportif.

En fait, ce que veut observer l’auteur de cette recherche, c’est comment un individu passe au travers les étapes de l’attachement excessif envers une équipe jusqu’au déclin. Il pourra ainsi déterminer comment les propriétaires d’une franchise sportive pourraient motiver leurs admirateurs et éviter leur détachement. Au terme de ses recherches, une organisation pourrait être en mesure de mieux organiser ses plans de marketing. Dans le cas présent, ce sont les admirateurs des Saguenéens qui l’intéressent, car il y en a beaucoup dans la région.

Comme une relation amoureuse

Le processus d’engagement d’une personne envers une équipe sportive est sensiblement comparable à l’évolution d’une relation amoureuse. Selon M. Bousquet, la relation se divise en cinq étapes distinctes. Il y a d’abord les premières fréquentations. La personne est doucement initiée aux plaisirs d’assister aux parties. « Cela peut être un père qui amène son enfant à un match des Saguenéens, le milieu social, la culture du hockey, la proximité de l’aréna et même les intérêts sportifs de la personne », explique le chercheur. La seconde étape, c’est l’intérêt qui se développe. À ce moment, la personne s’intéresse de plus en plus à l’équipe, connaît les noms des joueurs et assiste plus fréquemment aux parties.

La troisième et la quatrième étape sont l’engagement et le dévouement. La personne porte fièrement les couleurs de son équipe, achète son abonnement et connaît tout sur l’équipe. C’est ce que cherche à obtenir tout propriétaire d’une équipe sportive. Finalement, la dernière étape est le divorce. « Pour une raison inconnue et soudaine, la personne se lasse de l’équipe. Cela peut être dû à une hausse significative du billet, à un manque de volonté de la part des joueurs sur la glace ou encore lorsque l’équipe n’est plus performante », souligne M. Bousquet. Fait cocasse, il arrive fréquemment que des admirateurs disent « on a gagné, mais ils perdent », en se dissociant de l’échec.

La recherche

En fait, le professeur recherche plus précisément des adeptes qui vivent un déclin.« Le but de ma recherche est de comprendre comment l’individu passe au travers ces étapes afin que les propriétaires puissent mieux développer leurs admirateurs et éviter le déclin », précise le chercheur. En tout, il fera 20 entrevues avec des personnes d’âges et de sexes différents qui ont vécu du fanatisme sportif. Le fanatisme, c’est tout simplement un attachement supérieur envers un sport. D’ailleurs, l’auteur de cette recherche connaît bien cela. Il vient d’Europe et là-bas, le soccer est roi et maître. Les admirateurs sont déchaînés et il n’est pas rare de voir des altercations lors des parties. Grand amateur de hockey et de sport, le chercheur espère débuter les entrevues dès cet été afin de compléter sont étude d’ici l’an prochain.

Vous voulez participer?

COURRIEL : julien_bousquet@uqac.ca
TÉLÉPHONE : (418) 545-5011, poste 5664

Un texte de Catherine Bergeron
cbergeron@lequotidien.com