Recherches sur le cerveau : la contribution de la physiothérapie

Brain Awareness Week (BAW) est la campagne mondiale visant à sensibiliser le public aux progrès […]

Brain Awareness Week (BAW) est la campagne mondiale visant à sensibiliser le public aux progrès et aux avantages de la recherche sur le cerveau.

Chaque année au mois de mars, BAW réunit les efforts des organisations partenaires du monde entier pour célébrer le cerveau des personnes de tous âges. À plus petite échelle, comment la physiothérapie peut-elle contribuer à la recherche sur le cerveau et à ce que les personnes présentant différentes atteintes cérébrales profitent de ses retombées ?

Tout d’abord, il faut savoir que plusieurs déficits du système nerveux central, lequel est composé du cerveau et de la moelle épinière, amènent des déficiences (faiblesse musculaire, problème de coordination, perte de sensibilité, etc.) et incapacités fonctionnelles (difficulté à se déplacer, à réaliser ses activités quotidiennes, etc.) pouvant être traitées en physiothérapie. En effet, le physiothérapeute fait partie des intervenants clés dans l’amélioration ou le maintien de la fonction des personnes présentant des problèmes neurologiques. En outre, son expertise permet de soutenir les décisions des personnes et de leurs proches lorsque des adaptations sont nécessaires quand les pertes de capacités s’avèrent trop importantes (aides à la marche, fauteuil roulant, orthèses, etc.).

Les clientèles présentant des désordres neurologiques et nécessitant des soins en physiothérapie sont nombreuses et de tout âge. Certaines affections sont de nature traumatique (traumatisme crânien cérébral, lésion de la moelle épinière, etc.), d’autres d’origine circulatoire (rupture d’anévrisme, accident vasculaire cérébral, paralysie cérébrale, etc.). Plusieurs maladies peuvent aussi faire leur apparition pendant le développement de l’enfant et de l’adolescent, comme certaines maladies génétiques neuromusculaires, ou à l’âge adulte comme la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Indépendamment du diagnostic, le physiothérapeute détient les compétences requises pour compléter une évaluation et une analyse rigoureuse des déficiences et incapacités fonctionnelles résultantes. Les informations recueillies lui permettent ensuite d’établir un plan de traitement adapté aux besoins du client et de ses proches, en fonction de leurs attentes et objectifs en réadaptation.

Et qu’en est-il de la recherche en physiothérapie, notamment celle correspondant aux avenues de recherche de certains professeurs-chercheurs du programme de physiothérapie offert l’UQAC ? Les travaux de recherche des professeurs Suzy Ngomo et Louis-David Beaulieu, membres chercheurs réguliers du Laboratoire de recherche biomécanique & neurophysiologique en réadaptation neuro-musculo-squelettique (Lab BioNR), s’intéressent entre autres aux thèmes suivants : (i) mieux comprendre comment le cerveau change en présence de pathologie neurologique ; (ii) développer de nouveaux outils d’évaluation clinique afin d’aider les physiothérapeutes à mieux cerner les problèmes et ajuster les soins en conséquence ; (iii) développer des thérapies novatrices dans l’objectif de potentialiser les gains en réadaptation chez la clientèle neurologique. Pour ce faire, les chercheurs Ngomo et Beaulieu s’appuient sur l’utilisation et la création d’appareils à la fine pointe de la technologie, telles les méthodes non invasives et indolores d’enregistrement et de stimulation du cerveau (électroencéphalogramme, stimulation magnétique et électrique transcrânienne, etc.) et du système nerveux périphérique (vibration mécanique, stimulation magnétique et électrique périphérique, etc.). Autant de questions de recherche et de moyens technologiques qui pourront permettre de découvrir des avenues thérapeutiques prometteuses dont bénéficieront la clientèle présentant des atteintes neurologiques centrales.